
Le quartanier
D’abord le résumé du livre:
À l’autre bout du monde il y a Arvida, ville modèle érigée au début du vingtième siècle par l’industriel américain Arthur Vining Davis. Le narrateur de ce livre est né là, dans la capitale de l’aluminium, construite en cent trente-cinq jours. Petite utopie nordique peuplée de braves gens, de menteurs compulsifs et de pures crapules. Dans les quatre paroisses d’Arvida, le long du Saguenay et par-delà l’horizon bleuté des monts Valin, on se raconte des histoires de nuits en forêt et de matins difficiles. Des histoires de jeunes filles innocentes et de bêtes sauvages, de meurtres ratés et de mutilation rituelle, de roadtrip vers nulle part et de maison hantée. Des histoires tantôt tristes, tantôt drôles, tantôt horribles, et souvent un peu tout ça à la fois, mémorables pour leur profonde authenticité, même si, il faut bien le dire, elles sont toutes à moitié fausses et à moitié inventées.(Quatrième de couverture)
C848.92 A673a 2011 Collection générale
Commentaires de Stéphane:
J’ai terminé récemment la lecture du premier livre de Samuel Archibald, un jeune auteur de la région très talentueux. Arvida est un recueil de nouvelles dont le personnage commun à presque toute les nouvelles est l’ancienne ville d’Arvida au Saguenay, lieu d’origine de l’auteur.
D’entrée de jeu, je me dois de souligner le talent de conteur de l’auteur. Il sait raconter des histoires parfois drôles, parfois touchantes, parfois fantastiques, parfois effrayantes mais toujours intéressantes. J’ai vraiment beaucoup aimé ce livre et je dois avouer que j’ai apprécié toutes les nouvelles qui y sont présentées. Dans ce type de recueil, on se retrouve souvent à hésiter sur notre appréciation de l’ensemble puisque c’est parfois inégal. Ici, je considère que ces nouvelles sont une réussite dans leur ensemble.
L’auteur relate des souvenirs d’enfance, des histoires qu’il a entendues de son père, de ses grands-parents, de connaissances de la famille. Et lui à son tour nous les raconte. Oui, il y a les histoires qui sont parfois fascinantes. Mais il y a aussi les sensations qu’il nous transmet : les odeurs de la cuisine d’autrefois, les ambiances des veillées dans le bois, le goût des pâtisseries de nos grands-mères et surtout la vision de ces espaces dans lesquels il nous transporte. Son talent de conteur se traduit par sa capacité à nous transposer dans ses histoires, à nous les faire vivre comme lui les a vécues ou comme il les a ressenties quand il les a entendues.
Il parle dans certains passages de ses influences littéraires et cela transparaît dans son oeuvre. Comme je l’ai mentionné précédemment, les histoires sont de factures très diverses. Une folle histoire de tentative de meurtre côtoie une inquiétante histoire de maison supposément hantée. Une partie de hockey entre les étoiles d’Arvida et les Anciens Canadiens côtoie la chasse dans les bois d’une bête mystérieuse. Une étrange histoire de mutilation au Japon côtoie des roadtrips dans les maritimes, en Ontario et aux États. Bref, l’auteur sait nous surprendre mais surtout nous captiver.
Dans sa dernière nouvelle, il raconte la grande difficulté pour lui à écrire les histoires qu’il a en tête. L’accouchement fut possiblement difficile pour Archibald mais disons que le bébé est superbe !
Quelques citations :
"Mon père ne manque plus de rien, mais il s’ennuie du goût qu’avait la nourriture quand il n’y en avait pas assez."
"À ceux qui restent en dedans quand il fait mauvais dehors le grand amour est interdit."
"C’est l’impression la plus tenace que lui laissa la ville. Paris était un grand zoo où l’on enfermait les intellectuels derrière les vitrines des cafés."
"Elle avait eu une bonne idée en m’asseyant devant l’Underwood, ma grand-mère la mère de mon père. Malheureusement pour elle, et surtout pour moi, il y a toujours un moment où j’accroche à des histoires qui n’en sont pas, qui commencent sans finir ou qui n’arrivent jamais vraiment. Des possibilités, des rêves et des rendez-vous manqués. Des fantômes et des omissions."
Stéphane Leclerc
Le blogue de Stéphane: Humeurs ZÉ Impressions


